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Voyage à l'Exposition Sahouré à Francfort (21/11/2010)


Cliché Denys Combeau


Une vingtaine de thotien(ne)s s’est retrouvée ce dimanche 21 novembre pour aller admirer à Francfort l’exposition sur le pharaon Sahouré (de la 5e dynastie). Sébastien Polet, notre éminent conférencier belge, nous guida avec son talent habituel. Le jeudi et le vendredi précédents, il nous avait donné une brillante conférence sur l’histoire de ce pharaon, méconnu des Français, les fouilles ayant été faites en 1907 par un Allemand Ludwig Borchardt. Ainsi nous étions déjà familiarisés avec certaines œuvres.

Dès l’entrée, une maquette de belle taille permet de se faire une idée de ce que représentait la sépulture d’un pharaon ; tout d’abord le temple de la vallée dans lequel était pratiquée la momification du corps, une chaussée montante conduisant au complexe comprenant le temple de la pyramide, la pyramide satellite du Ka du roi, la salle des offrandes, la chapelle des cinq chambres, les magasins et enfin la pyramide proprement dite.

Sur ce site d’Abousir, les décors des temples sont d’une grande finesse, et d’une infinie précision. Tout était peint, il n’en reste que quelques traces. Sur un bas-relief, on peut remarquer le détail des muscles saillants autour des genoux des soldats, très athlétiques qui pourraient concourir aux jeux olympiques ! Des offrandes symboliques sont apportées par des femmes dans des paniers dont le contenu est figuré non dans le contenant mais au-dessus.

Parmi les sculptures, une tête de Djedefra, qui serait la première tête de sphinx : à l’arrière la perruque semble se prolonger vers le dos. Les têtes de Khéops (une des rares connues) et de Khéphren sont également présentées, celle de Khéphren, très abîmée, est identifiée grâce au reste de némès qu’on peut apercevoir à gauche et l’amorce de sa fausse barbe de cérémonie, indice de sa royauté !

J’ai été séduite par les lèvres en fine calcite d’un grand réalisme, seul vestige de la tête d’Ouserkaf. A côté d’une fine amphore d’huile, les ours d’Anatolie offerts au pharaon défunt par le roi de Byblos sont bien beaux aussi et paraissent très « exotiques » dans ce décor. Ils montrent que la zone d’influence de Sahouré s’étendait jusqu’au Liban et au-delà.


Clichés Etienne Rémy


Nous sommes restés ébahis devant un fragment du papyrus Westcar, (du nom de l’acheteur) qui est très abîmé, ce brave homme est rentré à cheval avec son précieux document, ce qui n’a pas arrangé son état. On ne sait pas de quelle tombe il a été extrait. Il a 169 m de long et 33 centimètres de large et raconte la légende du pharaon Sahouré ; il aurait été écrit vers 1540 avant notre ère, et présente de nombreuses lacunes. Le fragment exposé mesure environ deux mètres.

L’art de cette période pratiquait aussi la transparence, on observe sur un bas-relief un filet dans lequel un oiseau est prisonnier (ce qui implique un travail sur deux couches superposées).

Une frise d’hommes gratifiés d’un sein généreux nous a bien intrigués, il s’agit de dieux fertiles liés au Nil. De jolies jeunes femmes alternent avec ces personnages à l’aspect surprenant.

Dans une petite salle, trône la superbe statue du roi en gneiss accompagné de la figure totémique d’un dieu représentant le nome de Koptos ; il donne ainsi autorité au pharaon sur la Haute et la Basse Egypte. Ce chef d’œuvre nous vient du Metropolitan Museum de New York et figure sur les affiches de l’exposition.

Un autre pharaon, Niouserrè, neveu de Sahouré nous est apparu en double à la fin de l’exposition, était-ce le roi et son ka ? L’un était-il sa figure jeune, l’autre son aspect âgé ? Cette statue provenait du temple du soleil de Niouserré à Abou Gorâb .Dernière image que nous emporterons de cette exposition, le regard de cristal de roche et d’obsidienne que nous adressa la magnifique statue (intacte) de l’administrateur Kai, très élégant avec sa perruque bouclée (comme il vient du musée du Louvre, nous pourrons le revoir bientôt !)

Dans les salles du sous-sol ce sont les souvenirs des fouilles et la vie de l’archéologue Ludwig Borchardt et de son épouse Mimi qui complètent cette exposition et nous permettent de voir « les coulisses de l’exploit » et notamment différentes boîtes avec des instruments, ou la boîte à pharmacie (eh oui il faut tout prévoir !).

Nous avons participé ce dimanche à une sortie passionnante pleine de découvertes grâce à l’accompagnement éclairé de Sébastien Polet qui a su répondre à toutes nos attentes.

Desban 26.11.10


Clichés Etienne Rémy


Partenaire avec egyptien-toutankhamon, Egypte Ancienne, Passion Egypte et Egypte.